Mali : rédiger des courriers d’autrui, un petit métier qui reste d’actualité

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Se faire écrire un courrier reste une pratique d’actualité au Mali précisément à Bamako. La rédaction d’une lettre administrative pour une tierce personne constitue de nos jours ‘le petit job’ de certains jeunes diplômés sans emploi.

A Bamako, dans les villages c’était plus qu’une tradition pour  beaucoup de personnes de se  faire  écrire son  courrier. Il s’agissait d’écrire soit une  lettre ou une demande par une personne lettrée.   Au fil de l’évolution on recourait à  des personnes calées en écriture française, bonne orthographe et grammaire pour rédiger une correspondance. Pour accéder à ces professionnels de la langue de Molière il faillait surtout  se rendre à la grande poste de Bamako où ce genre de service était  proposé  moyennant rémunération.

Si auparavant  le métier d’écrivain public était plus du ressort  des    retraités, force est de constater que  la donne a changé depuis, en effet  de nombreux  jeunes diplômés sans emploi se sont convertis  en écrivains publics. Ils offrent leurs services à ceux qui  ne sont pas en mesure de rédiger leurs courriers, demandes administratives, etc.  Leur  activité tournent essentiellement  autour de  la rédaction et à la mise en forme des  correspondances et autres demandes administratives. Même s’ils sont de  moins en moins  sollicités de nos jours,  ces  écrivains publics continuent leur activité  sur  l’esplanade de la grande poste de Bamako.

Diarrakei un jeune d’une  trentaine d’année,  depuis quatre ans se charge de rédiger des courriers sur demande, «Je suis diplômé de la Faculté des Lettres des Langues et des Sciences du Langage, ex FLASH. Vu que le marché ne l’emploi ne m’a pas du tout été favorable, j’ai décidé de venir chercher de quoi vivre dans ce domaine qui aussi survit péniblement »,  constate   Diarrakei. Selon ses dires  à l’heure du numérique l’affluence de leur service a fortement diminuée.

Un constat partagé par Adama Guindo qui évolue dans le domaine depuis plus de 10 ans. Ce vieux retraité venu de la région de Kayes où il occupait un poste dans l’administration, souligne aussi l’arrivée des jeunes dans le secteur «Au moment où je commençais, il n’y avait que des vieux qui sont pratiquement tous décédés maintenant comme vous pouvez le constater,  actuellement les jeunes sont parmi nous, malheureusement ils sont venus au mauvais moment, car le métier ne nourri plus son homme», explique -t- il . Ils sont une dizaines de personnes dont deux seulement étaient entrain d’écrire. Tous biens installés dans leur siège en plein air sur des bancs bien alignés, ils attendent patiemment le prochain client.

Avant l’arrivée des nouvelles technologies, un écrivain public pouvait gagner jusqu’à 3000FCFA par jour,  pour écrire  d’un rapport il pouvait gagner   5000FCFA. Les lettres ordinaires,  étaient facturées à 300FCFA, les lettres administratives à 1000FCFA, et les textes de plaintes à 3000FCFA «À cause de la concurrence avec les technologies de l’information et de la communication, nos écrivains publics n’ont plus d’honoraire fixe», déplore le vieux Guindo, ils sont donc payés en fonction de la générosité ou du pouvoir d’achat du client.

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