Mauritanie : Ghazouani-Aziz, chronique d’une querelle

Le 28 novembre, Mohamed Ould Ghazouani comptait encore s’entretenir avec Mohamed Ould Abdelaziz le jour même, en marge de la fête de l’Indépendance, à Akjoujt. Mais l’ancien président a boycotté l’événement.

Depuis quelques semaines, les deux « frères » se livrent en effet à une lutte d’influence au sein de l’UPR (parti au pouvoir). Selon nos sources, ils ne s’étaient pas adressé la parole depuis le 22 novembre.

*Ce jour-là, à Nouakchott, après la grande prière du vendredi, « Ghazouani » s’était rendu au domicile de « Aziz ». Lors de ce long tête-à-tête (trois heures), le nouveau président avait réaffirmé à son ami sa volonté d’être le « référent » de l’UPR en tant que chef de l’État et, donc, de la majorité.

Bien avant la présidentielle, il lui avait d’ailleurs fait part de sa volonté de rompre avec son « image de Medvedev » (le Premier ministre russe avec qui Vladimir Poutine avait permuté son poste de président pour le récupérer ensuite). Aziz lui avait répondu qu’il n’acceptait ni de jouer un rôle de second plan au sein de cette formation, ni que ses proches s’en prennent à lui.

Fronde anti-Aziz

Au cours de ce même entretien, les deux hommes s’étaient aussi entendus sur la réunion que Ghazouani devait avoir le soir même avec les membres de son premier cercle, qui mènent la fronde anti-Aziz. Parmi eux, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, son cousin et directeur de cabinet ; Ismaïl Ould Bedda Ould Cheikh Sidiya, le Premier ministre, et Mohamed Salem Ould Merzoug, le ministre de l’Intérieur. Ghazouani leur a demandé de cesser d’attaquer son prédécesseur.

Aziz, qui compte deux importantes défections dans ses rangs, a un coup de blues

Les relations entre les deux amis ont néanmoins continué à se détériorer après que le bureau exécutif de l’UPR a, à la suite des députés le 23 novembre, réaffirmé son soutien à Ghazouani. Selon son entourage, Aziz, qui compte deux importantes défections dans ses rangs (Yahya Ould Hademine, l’ex-Premier ministre, et Moctar Ould Diay, l’ex-ministre des Finances), a « un coup de blues ». « Son ego est piqué au vif, confie un proche. Après avoir quitté le pouvoir, il est revenu à Nouakchott en tant que simple citoyen et il a encore du mal à l’accepter. »

jeuneafrique

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